In Memoriam… Hotel Riverside Studios, New-York

Sur ce blog, nous avons plutôt l’habitude de rechercher les meilleurs hôtels, ceux qui vous laissent d’inoubliables souvenirs… l’article d’aujourd’hui est un peu spécial, car il s’agit sans doute du pire hôtel que j’ai jamais pu tester ! Inoubliable, certes. Mais pas pour les bonnes raisons… cet hôtel new-yorkais était tellement pourri qu’il a d’ailleurs fermé depuis quelques temps, on se demande pourquoi. Peut-être que les autorités sanitaires sont allées faire un tour sur Trip Advisor… Sans plus attendre, je vous présente le Riverside Studios, situé dans l’Upper West Side de Manhattan !

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Quand on a cherché un hôtel à New York en 2010, c’était dans le cadre d’un road trip global sur la côte est. Partant entre potes, on ne cherchait pas le confort absolu, juste un hôtel pas trop cher et globalement bien situé. Je crois que c’est Julien qui a déniché le Riverside Studios, et on a tous suivi. Après tout, les photos de la rue et de l’immeuble n’avaient pas l’air trop dégueu, quant aux mauvaises critiques on n’y a pas fait trop attention, souvent les gens exagèrent… D’ailleurs, notre première impression fût plutôt bonne en arrivant sur place, l’hôtel étant situé dans un immeuble typique du quartier de l’Upper West Side. Pas luxueux à première vue, mais vraiment correct. C’est une fois à l’intérieur que les choses se sont gatées.

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Nous sommes accueillis par une personne mangeant son Mac Do sur les marches menant au lobby, très froid et moche par ailleurs : ce genre de rencontre ça donne le ton, en plus, il y en avait partout. Ca semblait être un résident. Il s’avère que de par ses tarifs très bas, l’hôtel attire quelques habitants permanents. Ainsi Pablo, un artiste de seconde zone a décoré ses fenêtres et la porte de son studio du plus mauvais goût, et il en fait profiter les touristes venus passer la nuit à l’hôtel. Charmant !

L’accueil est des plus glacial, dans une réception vraiment moche. Sans rire, le gars de l’accueil avait des cernes si grosses qu’on aurait pu croire qu’il travaillait 24h/24. Une fois nos clés en poche, nous rejoignons l’ascenseur décoré dans un style années 30 qui aurait pu être élégant, s’il n’avait pas été aussi exigu, grinçant et l’hélice de ventilation au plafond aussi apparent (et risqué, n’importe qui pouvait y glisser un doigt).

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C’est à notre étage que nous tombons sur le Studio officiel du fameux Pablo. Je ne saurais dire si c’est à cause de l’humidité, du renfermement ou de la moquette pourrie, mais tout le couloir empeste, c’est affreux ! Les surprises continuent, nous passons devant une porte (quasiment à côté de la nôtre) sur laquelle se trouve un scellé de justice où il est inscrit « Cette pièce est la propriété du shérif durant le temps de l’enquête […] ». Humm, c’est rassurant tout ça, on se croirait dans une série policière ! En avançant on tombe aussi sur des luminaires du couloir mal accrochés (genre des néons mal vissés qui tournent sur eux-mêmes), d’autres câbles dénudés, un plafond bourré d’humidité dont la peinture se craquelle de partout, et bien sûr une des salles de bain du pallier (oui il n’y a pas de salle de bain et toilettes dans la chambre) : il y a des câbles électriques dénudés qui pendent, la peinture qui s’effrite, de la rouille – ou du sang ? – au fond de la baignoire rongée par le temps et le non-nettoyage régulier j’imagine (d’ailleurs, pendant le séjour on se douchera avec des tongs histoire d’éviter les risques sanitaires). Le calcaire a rendu les vitres opaques avec le temps, au moins le voisin d’en face ne pourra pas nous mater. Sérieusement, on est partagé entre fou rire et consternation.

Puis vient la chambre, sans doute l’une des plus pourries dans laquelle nous avons la malchance de dormir.  On est à deux doigts de la parodie. Le sol est composé de morceaux de moquette posés ça et là, sous lesquels passent les câbles électriques. Le sol est mou et instable à certains endroits, ça craque au moindre pas. Le lavabo semble correct mais l’arrivée d’eau est suintante. Le plâtre du mur s’effrite. Le radiateur devant la fenêtre a dû être repeint au moins vingt fois et sa peinture semble avoir fondu. Au-dessus, la fenêtre donne sur des bâtiments qui font peur aussi, enfin surtout un mur glauque. Une plaque de carton vient remplacer un carreau brisé et la clim/aération ne fonctionne pas car une seule prise fonctionne dans toute la chambre mais est trop éloignée du dispositif. La télévision ne fonctionne pas bien évidemment, et une lampe sur deux est en panne. Au plafond, pas de lumière mais des gros sprinklers et tuyauteries courent le long des murs. Les lits ont des motifs des années 1950, et malgré que les draps viennent d’être lavés, on y trouve un peu partout des auréoles étranges, auréoles qu’on retrouve aussi sur le fauteuil de la pièce.  Les matelas des lits sont d’ailleurs enveloppés d’une protection plastique, sûrement à titre d’hygiène, ce qui peut se comprendre vue la clientèle que nous croisons (le lendemain, un résident à moitié fou viendra nous taper 20 min de discussion politique digne du PMU). Néanmoins, ça rend le lit totalement inconfortable, glissant, et juste méga-bruyant quand on bouge la nuit.

Bref, une chambre méga flippante, tout autant que l’hôtel. Nous avions même établi entre nous un code pour toquer à la porte, histoire de ne pas ouvrira un quelconque criminel résident de l’hôtel de l’horreur. Finalement on restera deux nuits au Riverside Studios. Le check out s’est fait dans les sous-sols glauques de l’hôtel, où une femme de ménage croisée par mégarde nous dira de simplement lui laisser la clé. Honnêtement, on aurait pu s’attendre à pire au vu de l’endroit. Mais pas de cafards (il paraît que l’hotel en grouille si on en croit les commentaires du web), pas d’incendie, pas de vol et on est sortis en vie. Ouf ! 

On a aimé…

  • L’emplacement pas trop mal à Manhattan
  • Le prix abordable
  • La gueule extérieure de l’hôtel

On a regretté…

Tout le reste. On se demande encore comment il pouvait être en activité. Juste avant sa fermeture, l’hôtel était classé sur Trip Advisor en 434è position des hôtels à New York, sur 463. Cependant, on s’est bien marrés et content d’avoir testé l’un des pires hôtels de l’une des plus grandes villes du monde !

Note globale : 3/20

 

Pour ceux qui croient que j’exagère, nous avons immortalisé l’hôtel en vidéo (à partir de 12 min 18 ). Régalez-vous !

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